Au départ, nous sommes vignerons…



Dans les années 90, alors que les vergers disparaissent à vue d’œil au profit de la vigne ou de l’urbanisation, nous prenons conscience de leur intérêt paysager, écologique et patrimonial et décidons de conserver les vieux vergers de notre famille. Avec quelques amis partageant la même sensibilité, nous créons à Ribeauvillé une association de Croqueurs de Pommes (Äpfelbisser), qui va inventorier, déterminer, multiplier ces variétés de fruits vouées à la disparition, et sensibiliser le public à leur valeur.

Plus tard, la fabrication de produits à base de fruits s’est imposée à nous pour :

  • Trouver un usage pour les récoltes de nos vieux arbres et des jeunes sujets que nous avions greffés et plantés,
  • Redonner une valeur économique à cette production fruitière locale, sans quoi elle ne pourra à terme se maintenir, malgré nos efforts au niveau associatif.
  • Notre vignoble est passé en agriculture biologique en 2001

    Quant aux vergers, ils n’ont jamais reçu le moindre traitement, même bio. Le tout est contrôlé par Ecocert.
    La fréquentation des vieux vergers nous a appris qu’un équilibre écologique se maintient très bien à condition d’intervenir de manière légère et réfléchie. Pas question de tondre l’herbe comme un gazon de golf. Il faut des herbes folles, des plantes en graines, des tiges sèches et une fauche tardive, pour accueillir et nourrir insectes, lézards, lièvres, mésanges, sitelles, torcols, chouettes… Les arbres morts sont une aubaine pour tout ce petit peuple, c’est pourquoi ils sont conservés, de même que les haies et les buissons. Les arbres (vieux et jeunes) sont conduits en hautes tiges, c'est-à-dire avec un grand tronc et une couronne très développée, ce qui impose un large espacement entre eux, mais leur confère une meilleure résistance aux ravageurs et maladies, et surtout une grande longévité (80 à 100 ans).

    Après la récolte manuelle

    Les fruits sont broyés et mis dans un pressoir ancien en bois, provenant de la famille. Le pressurage se fait lentement, à la force des bras. Le jus récupéré est simplement pasteurisé sans être filtré, les essais et dégustations nous ayant montré que la filtration dépouillait considérablement les jus de leurs arômes. Pour les fruits à noyaux (cerises, pêches…), c’est la pulpe entière qui est utilisée. C’est pourquoi il convient de bien agiter les bouteilles avant consommation.

    Jean Baltenweck et Yannick Mignot

    signature Baltenweck R. & Fils